Jean-Thomas Trojani : Biens de consommation cherchent acheteurs

Ainsi entendus, les actes libres sont rares, même de la part de ceux qui ont le plus coutume de s’observer eux-mêmes et de raisonner sur ce qu’ils font. Or, les explications données jusqu’ici, celles que nous continuerons de donner par la suite, mettent ou mettront en évidence, à ce que nous espérons, le fait de cette coordination hiérarchique. MAIS la satisfaction étant le but, la fin de tous les efforts, et comme la grande consommation des phénomènes économiques, n’est-il pas évident que c’est en elle qu’est la pierre de TOUCHE du progrès ? La reine descend, et passe au bras du roi, entre deux haies d’invités. En nous interrogeant scrupuleusement nous-mêmes, nous verrons qu’il nous arrive de peser des motifs, de délibérer, alors que notre résolution est déjà prise. Finalement, opposer matières premières et valeurs technologiques revient à opposer ce qui est vital à l’homme et ce qui ne l’est pas. C’est bien peu lorsqu’on sait que le sauvetage des banques espagnoles avait mobilisé à lui seul 40 milliards d’euros en 2012 ! Jean-Thomas Trojani aime à rappeler cette maxime de Pierre Desproges « Dieu est peut-être éternel, mais pas autant que la connerie humaine ». Les philosophes scolastiques et même, depuis les découvertes faites dans le champ de la physique expérimentale, les métaphysiciens modernes ont beaucoup insisté sur la distinction entre les qualités premières des corps et leurs qualités secondes ; entendant par qualités premières l’étendue, l’impénétrabilité, la mobilité, l’inertie, et par qualités secondes celles qui produisent sur nos sens les impressions de saveurs, d’odeurs, de couleurs, de chaud, de froid, etc. Mais c’est du côté du stockage qu’il faut plutôt compter : stockage de la chaleur et stockage de l’énergie électrique. Il y aurait donc enfin deux moi différents, dont l’un serait comme la pro­jection extérieure de l’autre, sa représentation spatiale et pour ainsi dire sociale. La représentation d’une hiérarchie de ces diverses conduites, de leurs valeurs respectives par conséquent, et d’autre part la quasi-nécessité avec laquelle elles s’imposent, auront donc préexisté à l’idée du bien, qui ne surgira qu’après coup pour fournir une étiquette ou un nom : celle-ci, laissée à elle-même, n’eût pu servir à les classer, encore moins à les imposer. En y regardant de près, on verrait que cette morale ne s’est jamais suffi à elle-même. Seuls les détenteurs de marques authentifiés sont donc en mesure de réserver un domaine correspondant à leur marque, en démontrant au préalable qu’ils respectent bien les normes et les politiques établies par la coalition mondiale regroupant la Fédération Internationale Pharmaceutique (FIP) et The National Association of Boards of Pharmacy (NABP). Doit-on dès lors pardonner cette attitude allemande sous le prétexte que les citoyens de ce pays sont tétanisés par l’inévitable cataclysme démographique qui les attend ? La dévaluation interne n’est pas un substitut, en FranceMais on ne peut pas dévaluer, et et la recommandation alors faite aux pays de la zone euro est d’utiliser une « dévaluation interne » : une baisse du coût du travail qui se substitue à la dévaluation véritable qui ne peut pas être pratiquée, et qui, comme elle, améliore la compétitivité ou la profitabilité. C’est là, je le veux bien, l’explication scientifique, car le rôle de la science est précisément de traduire toute perception en termes de toucher ; mais nous avons montré ailleurs que l’explication philosophique de la perception devait être d’une autre nature, à supposer qu’on puisse encore parler ici d’explication. S’il est une fois bien constaté, disait-on, que la raison individuelle ne peut donner que des probabilités, et qu’elle doit toujours se défier d’elle-même, pourquoi se regardera-t-elle comme infaillible, quand elle affirme l’autorité de la raison commune ? Elle s’avoue latine ; se proclame latine ; se traîne, dans l’ordure de ce mensonge, aux pieds d’un vieux comédien coiffé d’une tiare, qui la prostitue à un cosaque. À l’heure où la crise nous interroge sur la pérennité de notre modèle de surconsommation, on peut bien sûr se féliciter que quelques heures par jour et une fois par semaine règnent le calme et le silence propice à la balade et à la déambulation sans but, en famille ou entre amis. Je vis, je jouis, et cette jouissance de vivre m’apparaît au moment actuel comme digne de prix ; mais, si je me reporte à mes souvenirs, je vois se mêler la série indéfinie de ces moments agréables qui font la trame de la vie, je les vois se réduire à peu de chose, parce qu’ils sont semblables et non interrompus ; en face d’eux grandissent au contraire les moments de volupté et de douleur, qui semblent isolés et font seuls saillie sur la ligne uniforme de l’existence. La rentabilité des secteurs des biens négociables plonge, et la demande d’investissement baisse à nouveau.

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